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Jaumes Privat (1953-)

[00'19''] La langue, je l’ai apprise en  l’écoutant, quand j’étais petit. A la maison, tout le monde, les adultes parlaient le patois entre eux, et moi je ne comprenais pas tout. Mais je savais que c’était une manière de dire le monde, c’est ce que je pensais. Et que cela entrait plus profondément, dans le corps, dans l’âme — si l’on peut dire ainsi. Puis je l’ai apprise un peu à l’école pour gagner des points au baccalauréat. J’ai rencontré un professeur qui était poète, un poète occitan, et là, j’ai compris qu’il était possible dire en patois le monde, de parler d’une manière qui n’est pas celle de tout le monde — le monde de la carrière, du marché, mais celui que j’ai découvrais à travers les rues du village. [01'34''] Et là, j’ai appris que le monde était plus vaste qu’on ne le pensait, qu’il ne se limitait pas à ce que l’on apprenait à l’école, ou ce qu’on nous faisait croire, que le monde était divers, et qu’il y avait des langues que l’on ne comprenait et qui étaient à la fois plus étranges et plus proches que l’on ne croyait.

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Exploration poétique autour des langues romanes et des troubadours

©2025 Diogo Maia

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