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Danielle Julien (1944-)
« Ce qui me plait le plus dans Flamenca c’est la force et le pouvoir de la parole. Cet homme qui vient et dit « Ai las » et Flamenca qui répond « De que ? ». Il y a un échange… Mais ça c’est une tenso ? C’est vrai, il y a un échange entre les deux, mais surtout un échange de paroles. Alors que Flamenca se marie à Archambault, lors de la nuit de noces, il la prend comme un objet. Il ne parle pas, et elle dit que cela ne lui fait rien. Ni bien, ni mal. Elle reste enfermée dans le silence, parce que, selon moi, il nʼy a eu aucun échange de parole. Et pourtant, Archambaud lʼaime, comme à son époque, mais il est incapable de lui parler, alors que Guilhem lui parle. Cʼest un texte prigond (profond). Prigond, dangereux ? Profond, parce que, selon moi, la parole est la marque de l’humanité, le fondement des échanges entre les humains. Il y a le regard, il y les gestes, mais la parole, pour moi, cʼest ce quʼil y a de plus fondamental. Comme disait Lacan, nous sommes des êtres de langage. Nous sommes des êtres parlants. Voilà. Nous sommes des êtres parlants. Et Lacan disait : « Nous sommes des parlêtres ». Il avait inventé ce mot-là. Nous sommes des êtres… Rien à voir avec lʼoccitan. Mais en on dirait ! Comment pourrait-on le dire autrement parlêtres ? Nous sommes des par… Nous sommes des parlestre. »
DésigDanielle Julien
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Aube Danielle Julien
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