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GUÉ-SAVOIR
Projet doctoral en recherche et création littéraire
Aix-Marseille Université
2020-2026

Le Gué-savoir repose sur un jeu de mots : il fait écho à l’expression des troubadours le gai saber, qui désigne à la fois le savoir-faire poétique et la joie créatrice qu’il procure. Ici, le terme gai est remplacé par gué, désignant un passage permettant de traverser un cours d’eau à pied.
Chusé Inazio Nabarro (1962-)
Le fait d'écrire en aragonais est un choix, une décision personnelle. En réalité, j’ai pris cette décision lorsque j'avais environ 14 ou 15 ans. Disons que mes premiers textes étaient des poèmes épars ou un journal en aragonais. J'avais l'intention de consolider mon apprentissage de la langue. J'ai donc étudié cette langue de manière approfondie. Bien que ce soit un choix, cela devient peu à peu un acte de résistance. Pour être honnête, je n’ai jamais ressenti le besoin d’écrire en castillan. Mais en aragonais, si ; je voulais approfondir mes connaissances de l’aragonais et démontrer que c’était une langue parfaitement capable d’adopter une écriture littéraire. [1'30''] Quand j’ai commencé à écrire en aragonais, cela était mal vu. On considérait cela comme une excentricité et on le jugeait avec dédain. Malheureusement, je crains que cette perception perdure encore aujourd’hui : on pense que l’aragonais est une langue rustique, une langue de bergers et de paysans. Cependant, je crois qu’il est essentiel de produire des œuvres littéraires sophistiquées en aragonais, des œuvres qui puissent être reconnues à l’international.